Etre observant à son traitement

Afin que la charge virale dans le sang reste indétectable, il faut maintenir une pression sans relâche sur le virus. Cette pression est exercée par le traitement, qui doit donc être pris quotidiennement, en veillant à ne pas oublier de prise et à respecter des intervalles réguliers entre les prises.

Etre « observant » au traitement signifie que l’on prend son traitement selon les horaires, les quantités et les modalités de prise définis par la prescription du médecin. Dans l’infection par le VIH, une bonne observance est un facteur déterminant du succès thérapeutique.

Un simple oubli de prise peut « relâcher » la pression sur le VIH, qui va alors se multiplier plus fortement. Le risque majeur est de voir apparaître de nouvelles populations de virus (ou souches virales) qui ont acquis, par mutation, des résistances au traitement que vous prenez. C’est comme si ces populations de virus apprenaient à se protéger du traitement pour pouvoir se multiplier, même en sa présence.

Afin que vous puissiez suivre votre traitement correctement, il est important que :

1 – vous ayez bien compris l’utilité du traitement, même si vous vous sentez bien sans lui. Dans le cas de l’infection par le VIH, on peut être amené à prendre un traitement, même si l’on ne se sent pas malade ;

2 – vous ayez bien compris les posologies (quantités à prendre), les moments de prise (repas ou non…) des différents médicaments. Au moindre doute, n’hésitez pas à poser vos questions à votre médecin ou votre pharmacien ;

3 – vous réussissiez à intégrer avec une gêne minimale la prise du traitement dans votre quotidien. En particulier, si vous avez un travail avec des horaires décalés, si vous êtes hébergé chez des proches et que vous ne pouvez pas/souhaitez pas mettre vos médicaments dans leur réfrigérateur, etc. ;

4 – vous trouviez des « trucs » pour vous rappeler que vous devez prendre vos médicaments : utiliser un pilulier, mettre les boîtes de médicaments à côté d’un objet usuel (cafetière, boîte à thé, trousse de toilette…), faire sonner votre portable à heure fixe, ou tout autre astuce qui se rattache à vos activités quotidiennes habituelles ;
5 – il est également important que vous discutiez avec votre médecin ou votre pharmacien de la conduite à tenir en cas de décalage ou d’oubli de prise.
Attention ! Si vous vous apercevez de votre oubli au moment de la prise suivante, il ne sert à rien de prendre une double dose. Cela peut même être dangereux.
Idéalement, il faut respecter les mêmes horaires de prise et garder un intervalle de temps toujours identique entre deux prises. Si vous partez-en voyage, parlez-en à votre médecin.

Si vous sentez que votre motivation faiblit (effets indésirables qui deviennent vraiment gênants, contraintes, impression générale de découragement…), parlez à la personne de votre choix, pour le soutien, particulièrement à votre médecin. N’arrêtez jamais votre traitement du jour au lendemain sans avis médical.

En ce qui concerne les effets indésirables, il est souvent possible de trouver des solutions, et le mieux est d’en parler ! N’oubliez pas que c’est le VIH, et non le traitement, qui a le plus d’effets nocifs sur votre organisme, lorsqu’on lui permet de se multiplier !

Quant à la contrainte journalière du traitement, il existe aujourd’hui un choix important de traitements antirétroviraux dont la prise est mono ou biquotidienne, avec un nombre restreint de comprimés ou gélules. Idéalement, chaque traitement doit être adapté à chaque individu et à son mode de vie. Si vous sentez que votre traitement ne vous convient pas. Parlez-en à votre médecin pour un éventuel changement.