Les objectifs du traitement antirétroviral

Le premier médicament actif contre le VIH (ou couramment appelé antirétroviral) a été mis sur le marché à la fin des années 80. Par la suite, les bithérapies sont apparues (association de deux antirétroviraux), mais présentaient une efficacité encore insuffisante.

Ce n’est que depuis 1996 que l’on dispose de plusieurs classes thérapeutiques qui permettent, en étant associées, de « contrôler » le VIH efficacement et sur le long terme : les trithérapies antirétrovirales étaient nées.
Actuellement, pour une majorité de personnes infectées par le VIH, l’action combinée de 3 voire 4 médicaments antirétroviraux (multithérapies) est indispensable pour empêcher la multiplication (ou réplication) du VIH.

L’objectif principal des multithérapies antirétrovirales est d’empêcher la multiplication du VIH dans l’organisme. Pour se répliquer, le VIH doit constamment infecter de nouvelles cellules CD4+ (principales cellules cibles du VIH). Les cellules CD4+ sont nécessaires au bon fonctionnement du système immunitaire (système de défense de l’organisme). Lorsque le VIH se multiplie, les cellules CD4+ sont progressivement détruites et l’organisme perd ses défenses face aux agressions extérieures (infections).

Les multithérapies antirétrovirales ont pour objectif d’empêcher la réplication du VIH, en lui mettant « des bâtons dans les roues » à plusieurs niveaux.
Sous l’effet d’un traitement efficace, la réplication du VIH diminue de manière impressionnante. Grâce à cette inhibition de la réplication virale, la personne peut retrouver un nombre suffisant de cellules CD4+ pour se défendre contre les infections et notamment les maladies dites « opportunistes ».

Aujourd’hui, un traitement antirétroviral est jugé efficace s’il permet d’atteindre et de maintenir les objectifs suivants :

– Une charge virale plasmatique du VIH indétectable (moins de 50 copies/ml en six mois de traitement: la charge virale plasmatique est la quantité de VIH (ou plus exactement de copies du VIH) par millilitre de sang.
On peut la mesurer par une simple prise de sang. L’objectif du traitement est d’atteindre une quantité de VIH dans le sang inférieure à 50 copies par millilitre.

Pourquoi 50 copies/ml ? Parce que c’est la limite de détection actuelle des appareils de mesure les plus couramment utilisés dans les laboratoires. A l’avenir, et grâce aux progrès constants des technologies, ce seuil pourra probablement encore diminuer;

– Un nombre de cellules CD4+ idéalement supérieur à 500 cellules/mm3 : la prise de sang permet de préciser le nombre de cellules CD4+ par mm3 de sang.

Des publications récentes, menées sur plus de quatre années, ont d’ailleurs montré que la survie des personnes atteintes par le VIH ayant un nombre de cellules CD4+ maintenu au-dessus de 500/mm3 (1) et une charge virale plasmatique relativement contrôlée (inférieure à 10 000 copies/ml durant la dernière année écoulée) devenait comparable à celle de la population générale (2).

Un traitement antirétroviral est généralement composé de 3 molécules (principes actifs) issues de différentes classes médicamenteuses.

Les principaux objectifs d’un traitement antirétroviral sont idéalement de maintenir :

– Une charge virale plasmatique indétectable (moins de 50 copies/ ml) ;

– Un nombre de cellules CD4+ supérieur à 500/mm3.