Peau et atteintes cutanées possibles

Quel que soit le stade évolutif de l’infection par le VIH, la peau est très fréquemment touchée par des lésions souvent minimes et faciles à traiter, mais elles sont parfois révélatrices de complications plus sévères.
En général, elles ne sont pas spécifiques du VIH, mais témoignent d’une fragilité du système de défense immunitaire.
Parmi ces atteintes, les plus fréquentes sont :

La primo-infection par le VIH

Toute éruption de boutons, surtout accompagnée de fièvre, dans les jours ou semaines suivant une prise de risque nécessite une consultation de dépistage.

Les réactions cutanées d’intolérance aux médicaments

Une allergie à un médicament, notamment à un antirétroviral, peut se traduire par l’apparition de boutons ou de rougeurs sur la peau. Ce type de réaction survient le plus souvent en début de traitement, dans les premiers jours ou les premières semaines.
Certaines de ces éruptions ne sont pas graves et n’obligent pas à l’arrêt du traitement. En revanche, d’autres – notamment lorsqu’elles sont associées à de la fièvre, des nausées et vomissements, une fatigue profonde, des sensations de brûlure dans la bouche, une gêne à la respiration, des douleurs des muscles et des articulations… – peuvent précéder une réaction plus violente. On parle alors de « réaction d’hypersensibilité ».
N’hésitez pas à discuter avec votre médecin du risque d’allergie lié à vos médicaments et de l’attitude à tenir face à une éruption cutanée.

La peau sèche, le prurit, l’eczéma

La peau devient souvent sèche avec des démangeaisons et des rougeurs.
Parfois, les démangeaisons (prurit) sont telles qu’elles provoquent de petites écorchures (excoriations).
Cette réaction est appelée prurigo.
Dès l’apparition de cette sécheresse cutanée, il est bon d’utiliser des crèmes et émollients spécialement adaptés aux peaux très sèches. Ils éviteront une évolution vers un état plus grave. Les dermocorticoïdes sont efficaces contre les lésions.
La thérapie par la lumière (photothérapie) est aussi parfois utilisée. Les véritables eczémas (allergiques) ne sont pas plus fréquents chez les personnes séropositives que chez les personnes séronégatives. Ces manifestations sont liées au déficit immunitaire. Le plus souvent, le problème s’améliore spontanément sous traitement antirétroviral.

La dermite séborrhéique

La peau pèle et des plaques rouges apparaissent (on parle d’« érythème ») au niveau des ailes du nez, des sourcils, du cuir chevelu et parfois du décolleté et de la région située au milieu de la poitrine. Elle ne gratte pas en général.
La dermite séborrhéique est due à un champignon et son développement est favorisé par un nombre bas de cellules CD4+, mais également par le stress.
Crèmes antifongiques et/ou dermocorticoïdes sont des traitements appropriés. Même si elle est très gênante, la dermite séborrhéique n’est pas une maladie grave et n’est pas spécifique du VIH.

Les mycoses (infections par des champignons)

Les mycoses sont plus rares, hormis celles qui touchent les ongles. Les mycoses des ongles peuvent être traitées localement par des vernis médicamenteux mais ce traitement nécessite plusieurs mois d’applications.

La coloration jaune de la peau (jaunisse ou ictère)

Un problème au foie et/ou la prise de certains médicaments peut provoquer une coloration jaune de la peau et du blanc des yeux. La jaunisse peut être le signe d’un problème plus grave (hépatite), mais aussi un symptôme sans autre conséquence. N’hésitez pas à consulter votre médecin.

L’herpès

C’est une maladie transmissible et récidivante, due au virus HSV. Il existe deux types d’HSV : le HSV1, associé à l’herpès labial (lèvres) et le HSV2, associé à l’herpès génital.
L’herpès labial débute par une sensation de brûlure, qui précède l’apparition de lésions en forme de petites vésicules (les « boutons de fièvre ») situées autour de la bouche.
Dès l’apparition de cette sensation de brûlure, il est nécessaire de prendre un traitement par voie orale. Ce traitement doit impérativement être pris dans sa totalité, c’est-à-dire pendant 5 jours, pour éviter le développement de souches résistantes.
Si les récidives sont très fréquentes, vous pouvez discuter avec votre médecin d’un traitement préventif. Le traitement local n’est pas recommandé.

L’herpès génital se traduit, chez l’homme, par l’apparition de vésicules au niveau du gland et du prépuce, et chez la femme, au niveau de la vulve et du vagin.
Le traitement de l’herpès est généralement efficace, mais ne permet pas toujours de se débarrasser du virus, qui est parfois récidivant.

Le zona

Le zona est dû au même virus que celui de la varicelle. Il peut survenir même si l’infection par le VIH est bien traitée.
Il se manifeste par l’apparition brutale (en quelques jours) de douleurs suivant souvent le trajet d’une côte. De petites vésicules (« bulles au niveau de la peau ») douloureuses (sensation de brûlure) peuvent se développer de façon rapide au niveau du torse, mais d’un seul côté.
La douleur liée au zona peut persister après cicatrisation et disparition des vésicules. Si ces vésicules apparaissent dans la zone proche des yeux, il est important de consulter un médecin en urgence. La consultation s’impose en cas d’apparition d’un zona.
Le traitement doit être pris le plus tôt possible pour éviter la persistance de douleurs résiduelles après l’infection.

Les verrues et condylomes

Les verrues vulgaires sont dues aux virus HPV (papillomavirus humains). Elles sont plus fréquentes et plus difficiles à traiter en cas d’infection par le VIH. Le dermatologue dispose des moyens de les détruire. La macération favorise leur réapparition.
Il est donc important de maintenir ses pieds bien secs. Les condylomes sont aussi dus aux HPV. Ils se développent sur la muqueuse ano-génitale. Ils sont sexuellement transmissibles.

Le molluscum contagiosum

Cette maladie, peu grave, se traduit par des petits boutons transparents (« papules ») sur le corps. En cas d’une baisse du nombre de cellule CD4+ importante (< à 50 CD4/ml), les boutons peuvent grossir et apparaître sur le visage.

L’acné et la folliculite

En cas d’infection par le VIH, on voit assez fréquemment une recrudescence d’acné, notamment dans le dos, et une émergence de points blancs à la base des poils. Peu grave, ce type d’infection peut se traiter. N’hésitez pas à consulter votre médecin.

N’hésitez pas à consulter votre médecin si vous constatez que certains endroits de votre peau ou de vos muqueuses ont un aspect qui vous semble anormal. Lorsque vous débutez un nouveau traitement antirétroviral, n’hésitez pas à aborder, avec votre médecin, la question du risque d’allergie et de l’attitude à tenir en présence d’une éruption cutanée.