Vivre avec le VIH : au travail

Les personnes atteintes par le VIH sont souvent confrontées à des problèmes dans le cadre de leur travail.
Il faut distinguer différents cas de figure, suivant les interlocuteurs, l’avancée de la maladie et le type de travail que vous réalisez. L’infection par le VIH et les traitements entraînent parfois une fatigue souvent compliquée à gérer dans le milieu professionnel.

Médecin du travail

Le médecin du travail à pour mission de vérifier si l’état de santé de l’employé est compatible avec le poste occupé.
Légalement, rien ne vous oblige à lui parler de votre infection. La décision de le dire au médecin du travail vous appartient.
Pour plus de précision, nous vous invitons à appeller le service Sida Info Droit au 0 810 636 636 (Anonyme et confidentiel, prix d’un appel local à partir d’un poste fixe).

En revanche, il est parfois utile d’informer le médecin du travail. Il pourra alors en tenir compte, lors de l’évaluation de votre aptitude à remplir certaines tâches, et il pourra, le cas échéant, demander un aménagement du temps ou de votre poste de travail.
Cette démarche est utile si vous occupez un poste particulièrement fatigant (travail physique, station debout…), ou encore, si votre lieu de travail est très éloigné de chez vous (transports)… Notez que le médecin du travail est tenu au secret médical et ne peut en aucun cas révéler votre séropositivité à quiconque au sein de l’entreprise.

Enfin, il est formellement interdit au médecin du travail d’imposer un dépistage VIH. Il peut le proposer mais le salarié est libre d’accepter ou non.

Employeur

Vous n’êtes pas tenu de lui dire quoi que ce soit concernant votre séropositivité.
Beaucoup de personnes vivant avec le VIH consultent un médecin de ville et font faire leurs examens biologiques dans un laboratoire de ville.
Le suivi à l’hôpital est souvent très espacé lorsque les bilans sont bons, et beaucoup de patients réussissent à se faire suivre sans retentissement sur leur temps de travail.
Si le suivi est plus rapproché, vous pouvez demander à votre employeur des disponibilités pour vos examens ou visites chez le médecin.
Le fait d’informer vos supérieurs du fait que vous êtes malade et que vous avez besoin d’un suivi médical régulier pour rester en forme vous facilitera la vie. Selon les rapports que vous entretenez avec eux, et selon leur capacité à comprendre la situation, cela sera même un plus en terme de confiance.

Il peut arriver que votre employeur, lors de l’embauche notamment, vous demande une attestation de carte vitale. Si vous souhaitez éviter les questions embarrassantes, vous pouvez demander à votre caisse primaire d’assurance maladie une attestation papier de carte vitale ne mentionnant pas votre prise en charge à 100 %. Néanmoins, cette information sera enregistrée sur la piste magnétique de votre carte vitale.

De même, si vous devez remplir un questionnaire de la mutuelle de votre entreprise, celle-ci a l’obligation de ne pas faire part de vos réponses à votre employeur. Sachez enfin que la séropositivité, comme tout autre problème de santé ne peut en aucun cas justifier un licenciement.

Collègues

A priori, rien ne vous oblige à les informer. Seule la qualité des relations que vous entretenez avec eux peut justifier le fait de leur en parler.
Toutefois, préparez-vous aux « fuites » : les nouvelles vont souvent vite dans le milieu professionnel.